Barrages privatisés : l’UE l’impose, seule la France se soumet

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SOURCES :

[ LES BARRAGES : UNE SOURCE D’ELECTRICITE IDEALE ]

Les barrages hydroélectriques produisent, chaque année, 12.5 % de l’électricité française. Cette énergie est 100% renouvelable. Elle est produite grâce à la chute de l’eau qui entraîne des turbines produisant, sur le modèle de la dynamo, de l’électricité. En résumé tant qu’il y a de l’eau (dans le réservoir ou le long de la rivière) il y a de l’électricité.

Une électricité pas chère :
Cette électricité est idéale pour deux raisons. D’abord, une fois les investissements amortis – c’est-à-dire les barrages payés – l’électricité ne coûte plus rien. Un rapport de l’ADEME montre ainsi qu’une fois retranchés les investissements nécessaires à la construction d’un barrage – c’est à dire au bout de 30 ans – l’électricité hydraulique est très peu chère à produire. Nos barrages ont, en moyenne, 50 ans et près de 70% d’entre eux sont déjà amortis – ont plus de 30 ans. Ainsi, l’électricité hydraulique ne coûte plus qu’entre 20 et 30 € le MWh (Rapport parlementaire 2013). Elle est ainsi plus de deux fois moins chère que l’éolien ou le gaz et se classe, même dans les estimations les plus basses de ses coûts, devant l’électricité nucléaire. C’est donc une énergie extrêmement économique.

Une électricité idéale pour faire face aux pics de consommation :

De plus, et ce point est extrêmement important, l’énergie hydraulique occupe une place essentielle dans notre mix énergétique. En effet, l’eau des barrages peut être relâchée quand on veut ce qui permet d’utiliser les barrages aux moments où on en a le plus besoin : au moment des pics de consommation. Les barrages, grâce à cette flexibilité, fournissent ainsi les deux tiers de notre énergie  dite “de pointe ou d’extrême pointe”, parfaitement complémentaire des autres énergies renouvelables dites “intermittentes”. Le Rapport parlementaire de 2013 en donne un exemple éloquent : “La centrale de Grand’Maison, en Isère, offre par exemple une puissance de 1 800 MW – l’équivalent de deux réacteurs nucléaires – mobilisables en trois minutes seulement. De telles propriétés sont précieuses dans le contexte énergétique européen”.

La rente hydraulique d’1.25 milliards :

Enfin, l’électricité hydraulique offre une rente importante à EDF. Le rapport parlementaire de 2013 est extrêmement clair. Citons le : “ La Direction générale de l’énergie et du climat estime l’excédent brut d’exploitation pour l’ensemble du parc amorti à 2,5 milliards d’euros par an. Si l’on retranche les investissements à réaliser et une rémunération économiquement raisonnable des capitaux, la rente hydroélectrique pourrait représenter jusqu’à 50 % de cette valeur, soit 1,25 milliard d’euros par an” .

Les chiffres clefs sur les barrages :

https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/l-energie-de-a-a-z/tout-sur-l-energie/produire-de-l-electricite/l-hydraulique-en-chiffres  

Une fois les barrages amortis, l’électricité hydraulique est extrêmement peu chère ( P.13 )
http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/20140407_Synthese-publique-couts-ref-prod-electrique.pdf  

Age du parc : près de 70% des barrages sont amortis (ont plus de 30 ans)

https://www.planetoscope.com/energie-hydraulique/1378-production-d-energie-hydraulique-en-france.html

Rapport parlementaire de 2013 :
1) “les experts évaluent le coût de production de l’énergie hydraulique à 20 – 30 € le MWh (P.33)”
2)  “les barrages, une énergie flexible idéale” (P.10)   
3)La rente hydraulique : 1.25 milliards d’euros annuels (P.33)

http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-info/i1404.pdf

 

[ LES EXIGENCES DE LA COMMISSION ]

La Commission Européenne, au nom du principe de “concurrence libre et non faussée”, entend s’attaquer à l’ensemble des monopoles publics. Dans le cas de la France, après avoir remis en question les monopoles de France Télécom, de Gaz de France, d’Air France, de La Poste et de la SNCF, elle entend “ouvrir à la concurrence” le marché de la production d’électricité hydraulique.

Cette demande vise particulièrement EDF. EDF, entreprise publique, contrôle plus de 80% des barrages français – la part restante est contrôlée par Engie, ex GDF. Pour la Commission, il est impensable qu’une entreprise publique contrôle une si grande part d’un marché rentable : la production d’hydroélectricité. Ainsi, en octobre 2015, la Commission émet une mise en demeure officielle ordonnant à la France d’ouvrir à la concurrence ce marché ou, à défaut, de justifier le quasi monopole public d’EDF sur ce marché.

Cette mise en demeure, qui n’est pas censée être publique (ce qui est, en soit, scandaleux), a été révélée par Mediapart. C’est ce texte qui est invoquée par le gouvernement pour justifier la privatisation.

Si la France ne fait rien pour “régulariser sa situation, la Commission Européenne peut infliger une amende importante au gouvernement français. Cette mise en demeure, renouvelée en 2017, est l’argument qu’utilise Hulot au Sénat pour justifier la privatisation inéluctable des barrages.

2015 : première mise en demeure de la Commission (document Mediapart) :

https://fr.scribd.com/document/288313399/lettre-dg-4#download&from_embed

L’article de Mediapart : excellente synthèse des enjeux de la privatisation :

https://www.mediapart.fr/journal/economie/031115/vers-la-privatisation-des-barrages-au-nom-de-la-concurrence?onglet=full

2017 : la Commission remet la pression sur la France ( P.4 )

http://ec.europa.eu/competition/publications/annual_management_plan/amp_2017_en.pdf

Au Sénat, Hulot, en juillet 2017, accepte la décision de la Commission comme inéluctable : à terme, il faudra privatiser les barrages (voir la réponse du ministre à la question de Lanislas Poniatowski) :

http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20170717/eco.html

 

[ LE CHOIX RECENT DE MACRON : PAS + DE 60% DU MARCHE A EDF ]

En février 2018, Macron a annoncé ouvrir 150 concessions de barrages à la concurrence. Se pliant ainsi à la demande de la Commission, il a choisi une règle radicale. Même si EDF formule une offre plus sûre, moins chère et plus efficace que ses concurrents, elle ne pourra remporter plus de 60% des lots mis en concurrence.
On voit ici que ces privatisations relèvent d’une stricte soumission aux demandes de la Commission : l’opérateur historique, EDF, doit voir ses parts de marché dans l’hydroélectricité se réduire, quand bien même il serait le mieux placé économiquement.

L’excellent article de synthèse de Libération :

http://www.liberation.fr/france/2018/03/12/barrages-un-coup-de-prive-dans-l-eau_1635665

Total pourrait se positionner :

https://www.la-croix.com/Economie/France/salaries-barrages-manifestent-contre-projets-privatisation-2018-03-13-1200920477?from_univers=lacroix

 

[ LE GOUVERNEMENT FRANCAIS EST LE SEUL A CEDER A LA COMMISSION : DES SOLUTIONS EXISTENT ]

La France est le seul pays européen à avoir accepté de privatiser son hydroélectricité.

Deux points méritent d’être notés. D’abord, il faut apprendre des exemples de nos voisins européens. La Suède, l’Allemagne, la Slovénie (et beaucoup d’autres pays) ont réussi, chacun à leur manière, à garder les barrages, payé par les citoyens, dans le giron public. Pour comprendre le détail de ces solutions, il faut regarder le détail du Rapport parlementaire de 2013 (voté par les députés PS et UMP de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale). Ce rapport envisage 4 scenarios, tous compatibles avec le droit européen, qui aurait permis de sortir les barrages du droit européen de la concurrence. Malheureusement, aucun n’a été retenu.

Ensuite, il faut comprendre comment la France a décidé de céder à la pression de Bruxelles. Là, l’article de Mediapart de 2015 est indispensable. Il interview Delphine Batho, ancienne ministre de l’écologie, et montre toute la fourberie de François Hollande sur ce dossier. On y voit notamment explicité le rôle des fonctionnaires de Bercy, et du ministre d’alors Emmanuel Macron, dans cette reculade unique en Europe.

 

Le rapport parlementaire de 2013 :

1) Les exemples allemands (P.26)

2) Les scénarios proposées par les parlementaires (P.43 et suivantes) :

http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-info/i1404.pdf  

L’article de Mediapart :

https://www.mediapart.fr/journal/economie/031115/vers-la-privatisation-des-barrages-au-nom-de-la-concurrence?onglet=full

16 commentaires

  • Merci pour ce soutien, déjà des années que nous luttons contre ces privatisations sans être entendu. Ce qui fait la démonstration que les cheminots ont bien raison d’empêcher les trains de rouler au travers de leurs arrêts de travail car nous sans actions sur le réseaux, personne ne nous entend. Nous allons commencer une convergence le 13 Avril

    • Log dit :

      Excellent article !…Il y manque 2 éléments importants:

      – Un barrage est le moyen de stockage de l’énergie en trop, qu’elle soit nucléaire, éolienne ou autre…Ce « trop plein » d’énergie devient alors de l’eau qui est remonté en amont du barrage à l’aide de pompes. C’est un système de régulation idéal pour les centrales. Vous imaginez le blême lorsqu’ils seront privatisés ?…

      – Savoir « comment » et « pourquoi » l’UE nous mène ainsi: http://textup.fr/255353Ds

      Merci et continuez !…

  • La souris verte dit :

    Il serait temps que les français se réveillent avant d’être bouffés tout cru par la concurrence libre et non faussée. Convergence des luttes oui, le pus vite possible.
    Que se passera-t-il si la concurrence décide de fermer des barrages , ou de vendre l’électricité à plus offrant que la France?
    Tout ça, n’est ce pas pour créer le besoin des centrales nucléaires?
    On marche sur la tête. D’un côté les pertes abyssales dues au nucléaire: centrales en fin de vie et EPR qui ne verra jamais le jour, de l’autre on ouvre à la concurrence le secteur le plus rentable, donc baisse des rentrées d’argent pour EDF. Qu’est ce qu’on a fait à Macron pour mériter la casse de notre pays?

  • hubert serge dit :

    il faut garder nos barrages ne pas les privatiser cela diminueras la dette de la france a long therme a bon entendeur salut

  • mimi dit :

    Macron a des ordres occultes qu’il applique consciencieusement. Ouvrons enfin les yeux !

    • Florent dit :

      Pas besoin d’ordres occultes, il impose sa vision du monde à tous. Et sa vision est ultra libéral (n’oubliions pas qu’il a été banquier…).

      Florent

  • Florent dit :

    On oublie souvant les autres obligations des exploitants de barrage pour la conservation de la faune et la flore (maintient d’un niveau d’eau minimum en aval, aménagements pour permettre aux poissons de remonter la rivière et se reproduire, etc…) et la sécurité des habitants en aval.
    Pas sûr que le privé, qui par définition recherche le profit, remplisse ces missions qui sont contraignante pour lui.

  • didier dit :

    une fois de plus on vend un ben public payé par le con tribuale con somateur à la finance qui va nous le revendre avec bénéfice substantiel et le jettera quand il sera usé et plus rentable pour ces actionnaires. mais nos con patriotes ne vois pas plus loin que le boit de l’interrupteur

  • William dit :

    Je vois que de + en + vous rejoignez enfin le diagnostic de François Asselineau et de l UPR, les traités européens auxquels nous sommes soumis, alors pas si occulte que ça ,juste cachés aux français, il serait donc temps d arrêter de tourner autour du pot et d aller enfin à fond dans le sujet et la vraie cause, arrêter d attaquer le gouvernement quelqu il soit ,la France est en train d être vendue tranche par tranche ,ce sont les GOPE ,il faut arrêter de vivre avec des oeillères et de se plaindre que chaque service public va être démantelé, les politichiens sont aux ordres de l oligarchie mondialiste, ce sont au pur sens du terme des traitres à la nation et des collabos, seul le FREXIT peut résoudre et mettre fin à ces problèmes , est-ce que enfin vous allez prendre avec courage ,clairvoyance, justesse et honnêteté ,position pour le FREXIT? car tout va continuer ainsi , après la loi travail ,la SNCF et les barrages , y en aura d autre, il est temps de mettre la réflexion au niveau réel du problème et arrêter de tortiller du cul ,est-ce que c est clair maintenant ? et vous allez avoir 4 ans encore pour voir que tout va continuer.
    ce n est pas Macron qui se soumet , c est l article 106 du TFUE , il est obligé de le faire ,un jour ou l autre.

  • Mans dit :

    Ne pas oublier que c’est avec l’argent des grandes banques (15 millions),que ce monsieur a été élu. Il faut maintenant qu’il renvoie l’ascenseur en bradant la France à ces gens là.

  • jlv dit :

    100% d’accord avec vous ! Et ce n’est pas que Macron ne peut pas négocier avec l’UE, mais parce qu’il ne VEUT pas. Florent le dit : c’est un néolibéral, c’est son dogme. Une petite critique : Peu importe que ce soit Total ou n’importe qui d’autre (même Monsanto si vous voulez !) qui se positionne. Le futur propriétaire importe peu. Qui que se soit il privilégiera toujours les intérêts de ses actionnaires à ceux de la transition énergétique et c’est cela qui compte !

  • pouchot Colette dit :

    Y a-t-il une pétition ?

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