Faut-il arrêter la viande pour sauver le climat ?

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[ LES SOURCES DE LA VIDÉO ]

[ LA FILIÈRE VIANDE : 14.5 % DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ]

Pour cette vidéo sur les impacts climatique de la viande, LE rapport qui fait autorité et qu’il faut absolument consulter est celui réalisé en 2013 par la FAO (Food and agriculture Organization of the United Nations).

Ce rapport évalue précisément tous les types de viandes : bovins, ovins, volailles, porcs, lapins etc. Il mesure toutes les émissions de gaz à effet de serre de la filière viande.

Ce travail compte donc les émissions de gaz à effet de serre induites pour nourrir, élever, abattre et transporter toutes les viandes du monde. Il s’appuie sur les dernières données disponibles à l’échelle du monde qui portent sur l’année 2005, qualifiée par les auteurs d’année “de référence”.

Le chiffre clef de ce rapport est sans appel. L’élevage émet 7.1 Gt d’équivalents CO2 soit 14.5 % de toutes les émissions humaines.

Ce chiffre est à mettre en regard avec les émissions du secteur des transports. D’après le dernier rapport complet du GIEC, les carburants brûlés pour les transports représentent chaque année 14% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

C’est-à-dire que, lorsqu’on réfléchit au réchauffement climatique, il faut penser que les dommages causées par la viande que l’on mange sont exactement comparables à ceux causés par la consommation d’essence, de diesel ou de kérosène de toutes les voitures, tous les avions, tous les camions, bateaux, supertankers, scooter, etc. du monde.

Manger de la viande a donc un impact significatif sur le climat de notre planète.

Le rapport FAO 2013 : http://www.fao.org/3/a-i3437e.pdf – voir en particulier les pages 15 et suivantes.

Le rapport du GIEC 2014 : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/02/ipcc_wg3_ar5_full.pdf – voir en particulier la page 9 pour comparer les émissions de la viande avec celles des transports.

Pour info, les 51 % trouvé par Cowspiracy : https://www.l214.com/fact-checking-cowspiracy

 

[ COMMENT LA VIANDE ÉMET-ELLE AUTANT ? ]

Pour comprendre comment l’élevage et la consommation de viande peuvent émettre autant de gaz à effet de serre, il faut savoir que les émissions de ce secteur ne se limitent pas au diesel consommé par les tracteurs, les camions et les bateaux nécessaires à l’élevage.

En effet, il existe d’autres gaz à effet de serre que le CO2, émis par la combustion de carburants fossiles. Parmi ces gaz à effet de serre, on retrouve notamment le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O).

Figurez-vous que la production de viande est un des secteurs les plus émetteurs de ces deux gaz à effet de serre méconnus. Comment ?

Le méthane (CH4) est un gaz principalement émis lors de la digestion des ruminants. Lorsqu’une vache, un mouton ou une chèvre digère des aliments, elle émet du méthane. Ça fait donc du rot des vaches (le principal ruminant et de loin) une source importante de méthane.

Ce méthane émis par les rots des vaches est même responsable de près de 40% des émissions totales du secteurs de la viande (39.1% pour être précis, voir tableau page 17 du rapport de la FAO).

Le protoxyde d’azote (N2O) est quant à lui émis par les déjections des animaux. Ces déjections – qui forment ce qu’on appelle le fumier ou le lisier – sont utilisés par les agriculteurs comme engrais pour leurs récoltes. Au total, les déjections animales représentent plus de 20% des émissions de gaz à effet de serre totales de la viande (22.3 % pour être précis, voir tableau page 17 du rapport de la FAO).

On voit donc que la viande est un des secteurs les plus émetteurs de GES en raison de deux composantes inattendues : les rots des vaches (CH4) et les déjections (N2O).

Le rapport FAO 2013 : http://www.fao.org/3/a-i3437e.pdf – voir en particulier le tableau de la page 17 .

 

[ TOUTES LES VIANDES NE SE VALENT PAS ]

Eh oui, produire 1 kg de bœuf, de poulet ou de porc n’émet pas la même quantité de gaz à effet de serre. Cela veut donc dire que, chez le boucher, toutes les viandes ne se valent pas du point de vue de leur impact sur la catastrophe climatique.

Sur ce sujet, beaucoup d’évaluations existent et leurs chiffres ne correspondent pas toujours.

Nous avons choisi ici de nous concentrer sur les informations les plus précises disponibles pour la France. En effet, il nous a semblé plus important de mettre en valeur la quantité de gaz à effet de serre nécessaire à la productions des viandes que l’on trouve effectivement dans nos boucheries.

L’évaluation la plus sérieuse pour la France a été proposée en 2017 par l’ADEME (Agence De l’Environnement et De la Maîtrise de l’Energie) et est compilée sur le site “Base Carbone”.

Pour la viande, les évaluations comptent toutes les émissions nécessaires à la production d’un kg de poids vif, c’est-à-dire d’un kg qui arrive à l’abattoir. Pour arriver à un compte précis des émissions de GES nécessaires à la production d’un kg de viande achetée chez le boucher, il faut donc convertir, pour chaque type de viande, le poids vif en poids de “viande nette commercialisable”.

Une fois cela fait, nous arrivons aux données suivantes :

Agneau : 47.3 kg CO2 e / kg acheté chez le boucher

Bœuf : 33.6 – 47 kg CO2 e / kg acheté

Porc : 5 kg CO2 e / kg acheté

Canard : 4.5 kg CO2 e / kg acheté

Lapin : 4.2 kg CO2 e / kg acheté

Poulet : 3.8 kg CO2 e / kg acheté

Ainsi, 100 g de bœuf (à la valeur minimale de 33.6 kg CO2e / kg ) ont émis autant de gaz à effet de serre que 672 g de porc, 746 g de canard, 800 g de lapin, 884 g de poulet ou de 30 œufs moyens.

On voit donc ici que le bœuf et l’agneau sont, de très très loin, les viandes qui émettent le plus de GES.

Les émissions de GES par kg de viande vive : http://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?produits_animaux.htm

Les facteurs de conversion entre viande vive et viande “nette” du boucher : http://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?viandes_et_produits_a_base_de_.htm

 

[ POURQUOI LE BŒUF ET LES RUMINANTS ÉMETTENT-ILS AUTANT ? ]

Le bœuf émet beaucoup plus que les autres viandes parce que, nous l’avons dit, c’est un ruminant et, donc, rote d’énormes quantités de méthane.

Le bœuf est plus émetteur pour une autre raison, plus intuitive cette fois : produire 1 kg de viande de bœuf nécessite beaucoup plus de nourriture (et donc d’espaces agricoles) que produire 1 kg d’une autre viande.

D’après les statistiques du site internet formidable www.ourworldindata.org produire 1 kg de viande de bœuf nécessite 4 fois plus de nourriture que produire le même kg de porc et 7.5 fois plus que produire 1 kg de poulet.

De plus, les cultures nécessaires à la nourriture de nos boeufs d’élevage est aussi à l’origine de la majeure partie de la déforestation en Amazonie. Les élevages extensifs du Brésil ou d’Argentine ont fait immensément reculé la forêt primaire et, donc, on détruit de précieux puits à CO2.

La nourriture nécessaire pour produire 1 kg de viande : https://ourworldindata.org/grapher/feed-required-to-produce-one-kilogram-of-meat-or-dairy-product

Le bœuf et la déforestation amazonienne : https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/03/26/la-deforestation-de-l-amerique-du-sud-nourrit-les-elevages-europeens_5276289_3244.html

 

[ DEVENIR VEGETARIEN : PAS MIEUX POUR SAUVER LE CLIMAT ]

Si éliminer progressivement le bœuf de sa consommation de viande est un premier pas majeur pour limiter l’impact climatique de son alimentation, devenir végétarien est encore plus effiace.

L’ONG Eco2Initiative a réalisé une enquête pour évaluer l’impact de différents régimes alimentaires sur le réchauffement climatique.

L’ONG a montré que remplacer dans un repas la viande rouge (donc de bœuf) par du poulet permettait de diviser les émissions de GES liées à ce repas par 4. Mais, dans la même étude, elle montre que faire de ce repas un repas végétarien et de saison permet encore d’en diviser les émissions de GES par 4.

Ça veut donc dire qu’un régime végétarien est, de loin, le meilleur régime alimentaire pour le climat.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

L’étude de Eco2Initiative : https://www.eco2initiative.com/post/2016/05/26/en-connaissant-le-contenu-de-notre-assiette-nous-pouvons-b%C3%A2tir-un-monde-meilleur-1 

9 commentaires

  • Pierre dit :

    Salut, merci pour toutes ces informations que vous avez cherché et partagé.
    Je me permet d’apporter une suggestion, vous ne faites pas allusion aux différents modes d’élevages qui ont pourtant un impact majeur sur les émissions de gaz à effet de serre. Élevage Bio ou pas, pâturage ou pas, circuit court ou long etc. Certains éleveur font un travail monstrueux pour produire de la viande peu polluante et ce nest vraiment pas une bonne chose de les mettre dans le même sac je pense. Voilà idée pour un complément de vidéo car vraiment ça me paraît primordiale de parler de ça lorsquon traité se sujet ;)

  • Jb dit :

    Bonjour, super vidéo! Merci pour ces précisions :)
    Mais qu’en est-il de l’impact de l’agriculture au profit des “végétariens”. Il semble que la culture du soja soit tout aussi dévastatrice sur l’environnement… Si vous avez des éléments de réponse à ce sujet, je suis plus que preneur:)
    Au plaisir ! Très bonne continuation à l’équipe!

  • Vous avez « omis » un petit détail dans votre calcul du soi-disant coût environnemental de la viande bovine : ça comprend les milliers de litres de lait que fournit la vache « en bonus » au cours de sa vie. La filière viande est indissociable de la filière laitière. Idem pour la brebis, proportionnellement (Roquefort). vous avez oublié aussi le cuir et la laine. Bref c’est de l’intox pure et simple.

  • CIK dit :

    Bonjour, comme le rappelle un commentaire précédent, le type d elevage est bien à prendre en consideration. Dans l elevage traditionnel, les bovins sont principalement nourris avec des fourrages (pâturages au printemps été febut d automne, au foin en automne hiver). Les complements cerealiers ne sont peu ou pas utilisés, contrairement a l elevage de type industriel/intensif, ou ces compléments occupent une part importante de l alimentation du bétail. Ces pâturages, ou prairies permanentes, sont essentiels à l elevage traditionnel, et constituent des puits de carbone, contrairement aux cultures maraîchères, cerealieres et de legumineuse. Ceci contribue à diminuer considérablement le bilan carbone de ce type d elevage. D autre part, et contrairement aux poulets et aux porcs, les ruminants sont capables de digerer et valoriser une ressource alimentaire qui nous est inaccessibles: la cellulose. Il n y a donc pas de competition alimentaire entre l humain et les ruminants élevés de cette façon. Il faut également intégrer au modèle les coproduits de cet elevage, a savoir le lait, les engrais, le cuir etc.. Concernant le méthane produit par la fermentation enterique des ruminants, il faut savoir qu elle est plus faible chez les individus nourris aux fourrages que chez ceux nourris aux céréales et légumineuses. Alors bien sûr, il est important de réduire notre consommation de viande, tant d un point de vue écologique que sanitaire, mais l ecologie est une science complexe ou tous les facteurs interconnectés doivent être pris en compte, sous peine d aboutir à des conclusions simplistes et totalement erronées. Le calcul des émissions de l elevage et des transports utilisent également des règles de calcul différents, et les chiffres annoncés sont également à prendre avec précaution. Je pourrais en discuter plus en détail, mais ce serait long. Je precise que je suis chercheur en biologie, sans aucun lien professionnel avec l elevage ou l agro alimentaire.

  • CIK dit :

    Pardon, correction suite à relecture: concernant la production de methane: il faut lire l empreinte de la production de methane est plus faible.. du fait des compensations des systèmes de production

  • Yaëlle dit :

    Bonjour,
    merci pour cette vidéo très instructive. Faut-il également arrêter de boire du lait et de manger du fromage de vache? la filière laitière est-elle aussi polluante que la filière viande?
    Merci beaucoup

  • patr dit :

    Dans l’esprit d’arrêter la viande de boeuf, faut-il également arrêter le lait de vache ?

    • Jeff dit :

      On parle sans cesse de la viande mais l’industrie laitière a aussi un impact.
      Les vaches laitières sont aussi nourries au soja et mais.

      Il est dommage que la vidéo ne distingue pas la viande importée de celle de circuit court.

      Au final que conclure? Qu’il faut arrêter la consommation de denrées issues de l’industrie agroalimentaire et manger en local?
      Ca va être dur pour tous les citadins…

  • Alien Ape dit :

    Et l’effet rebond?
    Si j’arrête le bœuf, et que je me mets au cochon, et que Paul passe au poulet, et Jacques au mouton, pi qu’à la cantine de Pierre ils achètent 300 tonnes de canards pour les enfants…..ça va transférer le problème…non?. Certes vous me direz que c’est mieux que rien…oui mais pas autant que végétarien. Le changement ne s’installe pas par demi mesures.
    Combien de temps met on pour arrêter de fumer en réduisant sa conso???
    Si je mange 10 petits chats au petit déjeuner, des jolis petits chat angoras, et que je passe à 5 par jours seulement, ça fait quand même 5 jolis petits chats morts.
    Si j’ai le cancer des poumons et que je réduit ma consommation de clopes de 10 à 5 par jours, je vais mourir plus vite. Certes me direz vous si j’ai le cancer des poumons je vais mourir quand même.

    OK, OK, vous avez gagné, je me plis alors à cette logique, planète baisée pour planète baisée, je vais même reprendre 2 fois du bœuf, de toute façon quand je serai mort je n’aurai plus de responsabilités, et j’ai éduqué mes enfants à la dure pour qu’ils survivent dans ce monde d’égoïstes opportunistes.
    ….ça me rappelle Mr Roux : https://www.youtube.com/watch?v=2zk1Jt-Z19w

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