Loi travail = baisse du chômage ? C’est faux, dit la science économique

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SOURCES :

Bienvenu.e dans les sources ! Pour que qu’elles restent lisibles, on n’y a pas mis toutes les études – comme c’est l’usage dans les articles scientifiques – mais essentiellement les synthèses les plus récentes (qui citent elles-mêmes ces études), comme celles du FMI, de l’OCDE, de la Banque Mondiale ou de l’OIT, en les présentant en quelques lignes, la méta-analyse de 2017, ainsi qu’un excellent article de 2009 de Richard Freeman à lire pour comprendre l’histoire de cette question :) bonne lecture !

 

MÉTA-ANALYSE ( ETUDES DES ETUDES ) DE 2017 SUR LES EFFETS DU NIVEAU DE PROTECTION DE L’EMPLOI SUR LE CHÔMAGE ET L’EMPLOI

https://www.econstor.eu/bitstream/10419/148988/1/875196209.pdf

Cette première méta-analyse analyse l’effet du droit du travail sur le chômage et sur l’emploi à partir de 72 études pour le chômage, et 52 études pour l’emploi.

> Elle ne trouve aucun effet sur le chômage du niveau de protection du droit du travail.

> Pour l’emploi, la relation est moins claire. Elle trouve un effet, bien que l’association statistique soit faible. Pourquoi cette association est-elle faible ?

Notamment parce qu’il y a un biais de publication : les études qui trouvent un effet négatif sont plus souvent publiées dans des revues scientifiques. L’univers de la recherche scientifique, par ses choix de publication, inclinerait les chercheurs à trouver un effet positif de la flexibilisation sur l’emploi.

Mais en plus, la méta-analyse observe que les études qui ne trouvent PAS d’effet sur l’emploi sont de meilleure qualité (d’après 2 critères scientifiques classiques : elles sont publiées plus souvent dans des revues à comité de lectures et plus souvent citées).

Les études qui trouvent un effet sont donc plus publiées alors qu’elles sont de moins bonnes qualité. Quoi qu’il en soit, l’étude montre que si il y’a un effet négatif d’un droit du travail protecteur sur le niveau d’emploi, ça concerne moins les jeunes et les peu diplômés, ceux pour qui on nous dit pourtant que ces réformes sont faites.

En conclusion, cette méta-analyse récente confirme les différentes synthèses ci-dessous : aucun effet avéré d’un droit du travail plus strict sur le chômage, et un effet possible sur l’emploi, mais incertain.

Notons que d’autres synthèse (OCDE 2013 par exemple) notent que les études qui montrent un effet positif sur l’emploi d’un “assouplissement” du droit du travail portent souvent sur des secteurs restreints, et montrent des effets de faible ampleur. Ce qui permet de comprendre comment il pourrait y avoir des effets notamment locaux sur le niveau d’emploi (par exemple une réforme qui créé des emplois précaires créé de l’emploi précaire, mais qui se substitue à de l’emploi non précaire), sans que cela baisse le chômage pour autant.

 

[ FREEMAN, ARTICLE EXCELLENT DE 2009 SUR LE DÉBAT SUR LA FLEXIBILITÉ + QUESTION DES INÉGALITÉS ]

http://www.nber.org/papers/w11286.pdf

Dans cet article de synthèse, Freeman revient sur le fait qu’après plus de 20 ans de recherches, il n’est absolument pas clair (déjà en 2009) que “assouplir” le droit du travail crée de l’emploi ou diminue le chômage. Par contre, cela augmente les inégalités de revenus.

Il revient sur la naissance de l’idée qu’un droit du travail protecteur serait à la fois un obstacle à l’emploi et une cause majeure du chômage, à partir, notamment, du jusqu’à 6 points (!!!) avec une réforme du marché du travail, soit pour certains pays de l’époque quasiment autant que leur chômage total :)

Il explique comment les institutions internationales ont progressivement changé de ton, et pourquoi il n’y a jamais eu de consensus sur ces effets. Très intéressant et relativement facile à lire.

 

OIT 2015. RAPPORT DE L’ORGANISATION INTERNATIONALE DU TRAVAIL

http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—inst/documents/publication/wcms_414588.pdf

A partir d’une étude de l’effet des réformes des marchés du travail, et notamment du droit du travail, de 2008 à 2014 dans 111 pays, l’OIT conclue qu’à court terme dans les pays développés, “assouplir” le droit du travail a amené une légère HAUSSE du chômage et une légère BAISSE de la croissance.

Mais elle rappelle aussi que toutes les institutions internationales reconnaissent maintenant qu’il n’est pas prouvé que baisser le droit du travail ne baisse pas le chômage (FMI, 2015, OCDE, 2013, Banque Mondiale, 2013 tous consultables ci-dessous)

 

[ LE FMI RECONNAIT SON ERREUR – FMI 2015 “Where are we headed? Perspectives on potential output » in World Economic Outlook: Short- and long-term factors, Apr. (Washington, DC) ]

http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2015/01/

Le FMI a été le dernier à reconnaître les dernières évolutions l’état de la science économique. Encore en 2012, le FMI  recommandait aux Etats européens, déprimés par la crise de 2008 et l’austérité inefficace qui l’a suivi, de réformer leurs marchés du travail. Le fond assurait que cette flexibilisation ferait baisser le chômage. Mais même lui a dû s’aligner sur l’état actuel de la science économique.

 

[ LE CHANGEMENT DE CAO DE L’OCDE 2013. RAPPORT DE L’OCDE SUR L’EMPLOI ]

https://www.oecd.org/fr/els/emp/Perspectives%20emploi%202013-Chap2.pdf

L’OCDE reconnaissait dès 2013 que le lien entre réformes du droit du travail et chômage était plus que ténu. Il souligne néanmoins les quelques études sectorielles qui montrent une création d’emploi même s’il reconnaît que les effets y sont en général assez faibles. Pour les plus curieux et curieuses, l’évolution progressive de l’OCDE sur le sujet peut se voir notamment dans ses Employment Outlooks (par exemple 1995, 1996, 1997,1999).

 

[ ET MAINTENANT LA BANQUE MONDIALE: RAPPORT DE 2013 SUR L’EMPLOI ]

World Development Report 2013: Jobs. Washington D.C.: World Bank Publications.

http://econ.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/EXTDEC/EXTRESEARCH/EXTWDRS/EXTNWDR2013/0,,contentMDK:23044836~pagePK:8258258~piPK:8258412~theSitePK:8258025,00.html

Après avoir défendu férocement dans les années 90 une forte dérégulation du marché du travail et une baisse du droit du travail, la Banque Mondiale en est venue à reconnaître que l’effet d’un droit du travail plus ou moins strict sur le chômage et l’emploi était positif ou négatif, mais dans tous les cas faible.

Autrement dit, ce n’est clairement pas justifié de présenter une réforme de ce droit comme un instrument important de lutte contre le chômage.

D’ailleurs, la Banque Mondiale  découvre, ces dernières années, les bénéfices des institutions de régulation du marché du travail. Elle pointe notamment le rôle des syndicats pour limiter les inégalités de revenus qui, ces dernières années, nuisent à la croissance (voir aussi FMI, 2014 sur inégalités et croissance).

 

[ REGARDONS MAINTENANT LE RAPPORT DU CONSEIL D’ANALYSE ÉCONOMIQUE OÙ SIÉGEAIT AGHION: CAE 2013 ]

http://www.cae-eco.fr/IMG/pdf/cae-focus03.pdf

Reprenant les conclusions de l’époque de l’OCDE, ce rapport reconnaissait déjà que le lien des réformes du droit du travail avec une baisse du chômage n’était pas montré par les études économétriques.

Il soulignait néanmoins les possibles effets positifs sur l’emploi d’un “assouplissement” du droit du travail, sans insister sur le fait que les études qui le montraient étaient surtout sectorielles et décrivaient des effets d’ampleur faible. Deux conclusions importantes :

Ca n’a pas gêné les socialistes pour faire la loi El Khomri :)

Philippe Aghion, professeur d’économie au Collège de France et membre du CAE, ne lit pas les rapports de sa propre institution. Chapeau ! :-)

 

[ L’ENTRETIEN DE MACRON AU POINT ]

http://www.lepoint.fr/dossiers/politique/macron-grand-entretien/

On y lit que d’après Macron la réforme du droit du travail « doit être assez ambitieuse et efficace pour continuer à faire baisser le chômage de masse et permettre de ne pas revenir sur ce sujet durant le quinquennat ».

Dommage que la science économique ne montre aucun lien entre les deux…

 

[ LA VIDÉO DU PASSAGE DE PHILIPPE AGHION SUR FRANCE INTER ]

https://www.youtube.com/watch?v=-Fb6oh1kNCk

Aghion se voit tout flatté d’être reconnu par Nicolas Demorand comme l’éminence grise des réformes du marché du travail de Macron. Tout fier, il se trouve néanmoins dépourvu quand ce dernier lui demande s’il y a des preuves que faciliter les licenciements facilite vraiment l’embauche.

Evidemment, le fait qu’il soit incapable d’en citer une seule étude  ne veut pas dire qu’il n’en existe pas. Il y en a, comme il y en a d’autres qui montrent pas d’effet ou l’effet inverse.  Une conclusion s’impose toutefois:  prises ensembles, les études économiques ne montrent pas que faciliter les licenciements facilite l’embauche et crée vraiment de l’emploi.

Contrairement à ce que dit ici Aghion, non, ce n’est pas “prouvé” :)

10 commentaires

  • AM dit :

    Voir le site de Natacha Polony (articles : FMI, fables néolibérales,…) qui montre que les pays qui réussissent ne respectent pas les recommandations du FMI.
    Voir aussi les analyses de Asselineau (son site UPR) et de Sapir.
    En Europe les pays qui suivent la doxa de l’Union Européenne et de ses GOPE (dont la démolition du secteur public et du droit du travail, l’absence de soutien aux entreprises nationales) s’enfoncent dans la crise et le chomage hors le maitre d’oeuvre allemand (au sujet de l’Allemagne voir aussi les analyses de Todd).

  • Chris dit :

    Salut les amis. Je vous trouve un peu faible sur cette vidéo (et passablement en retard, mais on fait ce qu’on peut !). Stephane est nickel, par contre vous auriez pu enfoncer le clou bcp plus franchement. Citer l’étude que ne lit pas mr Aghion c’est quand même comique (!), l’emission C Dans l’air à un extrait monumental ou apres un silence de mort, un des economistes répond « non » a la question de l’auditeur « connait on des exemples ou la reforme du code du travail a ameliorer l’emploi » (merci à F Lordon d’avoir sorti ces deux perles dans son dernier post de blog au diplo) et à cela vous pouvez ajouter les conclusions du FMI et OCDE qui écrivent que les inégalités nuisent à la croissance, ou citer le rapport de l’OCDE qui montre dès 2013 que le droit du travail est plus flexible en France qu’en Allemagne ! L’article de business insider sur le royaume uni est pas mal non plus… Vous avez le journal les échos qui se base sur une etude de l’insee pour ecrire « le droit du travail n’est pas la principale barriere à l’embauche » et son éditorialiste gaspar koenig dans un autre article « la theorie economique ne permet pas de conclure à un lien droit du travail emploi »

    D’autres arguments ici, pour poursuivre le bashing : http://www.politicoboy.fr/emmanuel-macron/ordonnance-loi-travail/

    Et merci pour le travail de recherche, ca reste du gros lourd comme d’habitude ;)

  • Lucasmmt dit :

    Beau travail de synthèse.

    Une coquille dans ce paragrpahe à relire :
    « Notamment parce qu’il y a un biais de publication : les études qui trouvent un effet négatif sont plus souvent publiées dans des revues scientifiques. L’univers de la recherche scientifique, par ses choix de publication, inclinerait les chercheurs à trouver un effet positif de la flexibilisation sur l’emploi. »

  • Nono dit :

    Je n’ai pas réussi à retrouvez vos conclusions dans le rapport du FMI. Est ce que vous pourriez préciser à quelle page le FMI fait marche arrière ?
    Merci

  • Xavier C. dit :

    J’ai pris le temps de lire en diagonale plusieurs des liens (surtout les études) et notamment les conclusions.

    Résumons :
    – ILO (ONU) : il s’agit d’une analyse en temps de crise. Il me semble que c’est important de le mentionner. De plus la légère hausse est sur le court terme (ajustement de l’économie) : à moyen et long terme ils observent une légère hausse, pourquoi ne le précisez-vous pas ?
    – FMI : je n’ai rien trouvé qui aille dans votre sens, au contraire, il est question en Europe de continuer les réformes structurelles du marché du travail,
    – OCDE : ne va absolument pas dans votre sens, ce qui est surtout précisé, c’est que la dualité de la législation entre contrats temporaires et réguliers est mauvaise,
    – banque mondiale : va à peine dans votre sens en ce qui concerne le taux de chômage et l’égalité salariale, mais montre les effets négatifs sur d’autres points (j’y reviendrai),
    – CAE-ECO : rejoint NBER et Econstor sur le fait que les études empiriques ne montrent rien de significatif sur le taux de chômage. Or… il n’est justement pas seulement question de taux de chômage.

    Vous avez simplement manqué l’essentiel de ces papiers.

    Vous vous focalisez sur un seul indicateur : le taux de chômage, alors que la plupart de vos sources vont bien au-delà. Elles abordent le dynamisme du marché de l’emploi ainsi que la structure du chômage.

    Si on voulait faire un résumé neutre de ces documents, ce serait ainsi :
    – les études empiriques ne démontrent pas d’effet significatif de la législation du marché du travail sur le TAUX de chômage,
    – en revanche, et vous ne le mentionnez aucunement, la législation du marché du travail a un impact significatif sur la durée du chômage, les populations concernées (jeunes, moins formés, femmes), le dynamisme du marché de l’emploi et sa structure (dualité entre contrats temporaires et réguliers),
    – tandis que la capacité d’amortissement du marché du travail en cas de crise est parfois un point discuté (apparemment pas de consensus sur le sujet).

    La théorie économique se base souvent sur une phrase « toutes choses égales par ailleurs ». Or, et on le comprend en parcourant vos sources, c’est un sujet complexe à traiter parce qu’il y a des cycles économiques et qu’il n’y a pas que la seule législation du travail à prendre en considération.

    C’est pour ça que j’aime bien l’aéroport de Bâle-Mulhouse :
    – même secteur,
    – même clientèle,
    – même lieu, donc contraintes et avantages identiques,
    – mais 2 législations du travail et 2 environnements fiscaux : ceux de la France (rigide, complexe, lourd et mouvant) et ceux de la Suisse (flexible, simple, léger et constant).

    Je vous laisse deviner quel secteur, du suisse ou du français, est le plus dynamique et le plus gros employeur. Indice : quand il a été question d’aligner la partie suisse sur la partie française, tous les élus Alsaciens ont protesté.

    Pour conclure, vous semblez considérer comme positif l’objectif de réduire les inégalités. Alors je vous pose la question suivante : vaut-il mieux une grande inégalité salariale, mais l’absence de misère, ou bien une grande égalité salariale, mais une plus grande misère ?

    Il me semble qu’il vaudrait mieux s’attacher à réduire la misère que les inégalités…

    • Yolo29 dit :

      intéressant. J’attends la réponse des auteurs !

    • Yolo29 dit :

      En effet. Tu as raison. J’y ai jeté un rapide coup d’oeil. Par exemple, le rapport de l’OCDE 2013 (conclusion) :

      « Il ressort
      clairement de ce chapitre que, depuis le début de la crise économique récente, un grand
      nombre de pays où la LPE est relativement stricte ont pris des mesures pour assouplir leur
      réglementation en matière de licenciements individuels ou collectifs,[…]. on peut
      s’attendre à ce que cette nouvelle vague de réformes accentue la réallocation de la
      main-d’œuvre et soit BENEFIQUE EN TERMES TANT DE CREATION D’EMPLOIS QUE DE GAINS D’EFFICIENCE ET DE PRODUCTIVITE DANS UN AVENIR PROCHE »

      Ils ne mentionnent pas les réserves que vous leur attribuez sur l’effet de la flexibilisation dans leur conclusion et ils PRECONISENT DE POURSUIVRE LA FLEXIBILISATION POUR LE BIEN DE L’EMPLOI.

      Un contresens aussi énorme de Osons Causer dans la compréhension de ses sources jette un sérieux doute sur la fiabilité de son étude et de ses affirmations…

    • Xavier C. dit :

      Merci Yolo. Je crains en effet soit que les auteurs d’Osons Causer n’ont rien compris aux documents qu’ils donnent en source, soit qu’ils parient que leurs auditeurs ne fouilleront pas et donc balancent ces sources pour donner de la crédibilité à leur analyse manifestement bancale.

      L’une ou l’autre des possibilités me semble poser problème.

  • lonewolf dit :

    Ce qui me stupéfie littéralement, c’est que pour parler de chômage (et ma remarque s’adapte à la plupart des problématiques liées à l’entreprise), on le prend de très haut, avec les instruments de ceux qui nous manipulent, et on le place systématiquement en interaction avec la sphère européenne sinon mondiale. Alors qu’il suffit d’être dans le métier de la gestion administrative, de la comptabilité, de la gestion de la paie et du personnel pour faire des observations simples et fructueuses, en rapport immédiat et direct avec le problème. Car le marché du travail concerne majoritairement des entreprises qui n’ont que peu de souci de concurrence internationale, ou dont ce paramètre n’a pas l’emprise qu’on lui accorde dans les différents médias.

    Les TPE/PME (certes, les autres aussi), à la faveur de la mutation du monde du travail et de sa réglementation depuis 30 ans, ont pu augmenter drastiquement les charges de travail de chaque salarié. Les entreprises se sont engouffré dans les failles causées notamment par le passage aux 35 heures, qui a été l’occasion d’une foire d’empoigne et de contreparties douteuses. Mais d’abord, faire travailler 50 salariés avec une charge de travail destinée à 60 salariés est devenue chose commune ; le résultat est l’augmentation du stress, du temps de travail effectif, et….une plus forte soumission par la crainte de perdre son emploi en étant incapable de tenir les rythmes imposés. Or, cette pratique qui consiste à surcharger les salariés est une source de chômage.

    Il en résulte un blanchiment massif d’heures de travail. Les « temps plein » font plutôt 39 heures que 35, les temps partiels dépassent de beaucoup les 10% d’augmentation de leur temps contractuel, tout cela bien entendu sans rémunération des heures effectuées : évaluation minimale à 2 milliards d’heures par an, soit 18 milliards d’euros de salaires non versés et 4 milliards d’euros de cotisations perdues, ainsi que la perte de quasiment 1 million d’emplois potentiels.

    La précarité au travail (si tu fais pas le taf, il y en a 300 dehors qui attendent ta place) cause donc la précarité du travail, là aussi à la faveur de l’augmentation du nombre de chômeurs. Le chômage est un outil de management et de contrôle. Moins le Code du Travail est protecteur, plus il sera facile de réclamer plus de rentabilité par salarié, et donc plus il sera facile d’éviter d’embaucher. La finalité d’une entreprise aujourd’hui n’est ni le ré-investissement du bénéfice annuel ni la répartition dans le progression de la masse salariale, qui très clairement stagne depuis un quart de siècle et ne permet aucun progrès social ; seules comptent les rémunérations des gérants, associés, Directeurs généraux, Présidents et actionnaires. C’est au prix de cadences infernales pour les salariés en place et de privations très longues d’opportunités d’emplois pour les chômeurs.

    Je pense avoir observé ces effets au sein de plusieurs centaines d’entreprises dans le cadre de mon activité, notamment depuis 1996, et ils ont été en pleine accélération depuis 2004.

  • Rudy PATARD dit :

    Salut à tous (l’équipe d’osons causer comme les personnes qui commentent ou contribuent),

    Vu la masse de travail réalisée sur ce dossier, n’envisagez vous pas de mettre tout cela sur wikiversité pour justement, faire un article scientifique sur la question.

    https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Accueil/Travaux_de_recherche

    @+
    Rudy

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